Interlaken est posée sur une étroite bande de terre — le Bödeli — coincée entre le lac de Thoune et le lac de Brienz, et cette géographie résume à elle seule toute la ville. Ce n’est pas vraiment une ville de montagne ; c’est la charnière plate et verte entre deux lacs et les vallées qui mènent vers eux, et presque tout dans son organisation en découle.
La bande de terre entre les deux lacs
La ville proprement dite compte environ 5 900 habitants, près de 15 000 en comptant Unterseen et Matten, les deux communes voisines qui se confondent avec elle sans véritable frontière. Toutes trois se trouvent dans le canton de Berne, toutes trois sont germanophones, et toutes trois sont à 568 m d’altitude, assez bas pour que la neige soit rare en ville même quand les sommets alentour sont blancs. Le lac de Thoune s’étend à l’ouest, le lac de Brienz à l’est, et l’Aar les relie, traversant tout droit le centre d’Interlaken sur son trajet d’un lac à l’autre.
Cette configuration fait qu’Interlaken fonctionne moins comme une destination touristique que comme un nœud de correspondance — trains, bateaux et téléphériques rayonnent d’ici vers Lauterbrunnen, Grindelwald, le Jungfraujoch et les deux lacs. Une matinée de marche en ville suffit à voir l’essentiel de ce qu’elle offre directement ; le reste n’est qu’à un court trajet de train ou de bateau.
La Höhematte et le Höheweg
La Höhematte est une prairie de 14 hectares protégée de toute construction, en plein centre-ville, et c’est la clé la plus utile pour comprendre l’organisation d’Interlaken. Les grands hôtels bordent ses abords plutôt que de faire face au lac ou aux montagnes directement, car lorsqu’ils ont été construits au XIXe siècle, une vue dégagée sur la Jungfrau par-dessus un champ vert faisait tout l’argument de vente.
C’est encore vrai aujourd’hui : par temps clair, on obtient depuis la prairie une vue authentique et sans obstacle sur le sommet de la Jungfrau, avec le Mönch visible sous certains angles plus loin. La fameuse face nord de l’Eiger, elle, reste cachée derrière des crêtes plus proches jusqu’à ce qu’on s’enfonce davantage dans la vallée — un détail à connaître pour ne pas se décevoir en la cherchant depuis la ville.
La Höhematte sert aussi de piste d’atterrissage pour le parapente d’Interlaken. Les pilotes décollent de Beatenberg, du secteur de la Schynige Platte et d’autres points au-dessus de la ville, et atterrissent dans la prairie tout au long de la journée par beau temps — un spectacle gratuit vraiment fiable du printemps à l’automne, et l’une des meilleures raisons pour lesquelles Interlaken s’est bâti une réputation de base de sports de plein air plutôt que de simple étape pittoresque. L’entrée dans la prairie ne coûte rien.
Le Höheweg est la promenade qui borde la Höhematte, courant à peu près entre les deux gares. C’est là que se trouvent les grands hôtels du XIXe siècle — le Victoria-Jungfrau en tête — aux côtés de boutiques, de kiosques de voyagistes et de restaurants clairement destinés aux visiteurs. Agréable à parcourir, mais pas donné pour y manger ; un café y coûte sensiblement plus cher qu’à deux minutes de là, dans une rue adjacente.
Deux gares, faciles à confondre
Interlaken compte deux gares principales, et les confondre est la façon la plus courante de perdre du temps ici.
| Gare | Ce qui en part | À proximité de |
|---|---|---|
| Interlaken Ost | Trains vers Lauterbrunnen, Grindelwald et la région de la Jungfrau ; bateaux du lac de Brienz ; ligne du Brünig vers Lucerne | Bord est de la ville, base du funiculaire du Harder Kulm |
| Interlaken West | Trains locaux, quelques correspondances régionales ; bateaux du lac de Thoune | Centre-ville, Höheweg, la plupart des hôtels |
Pour monter vers le Jungfraujoch, Wengen ou Grindelwald, c’est Interlaken Ost qu’il faut viser — c’est aussi de là que part le funiculaire vers Harder Kulm, un trajet de 8 minutes vers un point de vue juste au-dessus de la ville. Pour prendre un bateau sur le lac de Thoune vers Spiez ou Thoune, c’est Interlaken West. Les deux gares sont à environ 20 minutes de marche l’une de l’autre le long du Höheweg, ou à quelques minutes en bus local — gérable si l’on rectifie l’erreur assez tôt, moins évident quand le train est déjà à quai du mauvais côté.
Le Kursaal et le casino
À l’extrémité ouest de la Höhematte se trouve le Kursaal, le casino et centre d’événements d’Interlaken, avec des tables de jeu, un cinéma et un jardin utilisé toute l’année pour des événements et des marchés. Ce n’est pas une attraction majeure en soi — à voir plutôt comme une option pour la soirée que comme une raison de visiter la ville — mais son jardin et sa terrasse offrent un cadre raisonnable pour un verre avec vue sur la Höhematte, sans les prix majorés des terrasses des grands hôtels un peu plus loin sur le Höheweg.
Le long de l’Aar
L’Aar traverse le centre d’Interlaken entre les deux lacs, et une promenade le long de ses berges compte parmi les meilleures activités gratuites en ville. L’eau affiche cette même teinte turquoise-gris saisissante que l’on observe au lac de Brienz — de la farine de roche glaciaire en suspension — et le chemin riverain reliant Unterseen au reste d’Interlaken est plat, ombragé par endroits, et largement délaissé par les visiteurs qui restent sur le Höheweg.
Unterseen elle-même, juste de l’autre côté de la rivière, possède un centre plus ancien et plus calme, avec une tour d’église du XIIIe siècle et aucune des enseignes touristiques du centre d’Interlaken — la marche de dix minutes en vaut la peine pour se faire une idée de ce à quoi ressemblait la région avant l’arrivée du tourisme.
Ce qu’on voit vraiment sans quitter la ville
Autant être honnête sur ce point, car cela détermine le temps à consacrer à Interlaken elle-même plutôt qu’à la montagne :
- Le sommet de la Jungfrau — visible depuis la Höhematte et certaines parties du Höheweg par temps clair, sans obstacle.
- Le Mönch — visible sous certains angles, partiellement masqué sous d’autres.
- L’Eiger — invisible depuis la ville ; sa fameuse face nord est bloquée par un relief plus proche et ne se révèle qu’en se rapprochant de Lauterbrunnen ou de Grindelwald.
- Le lac de Thoune et le lac de Brienz — non visibles depuis le centre-ville ; il faut marcher ou se déplacer jusqu’à la rive, ou monter à un point de vue comme Harder Kulm, pour voir l’un ou l’autre correctement.
- Un véritable panorama sur le Bödeli, les deux lacs et les sommets réunis — cela demande de prendre de la hauteur. Harder Kulm, accessible par funiculaire depuis Interlaken Ost en 8 minutes, est le moyen le plus rapide d’y parvenir.
En bref : la ville offre une belle vue de montagne et deux lacs qu’il faut aller chercher à pied. Tout le reste — la fameuse photo de « ville entre deux lacs avec les montagnes en fond » — demande de prendre de l’altitude.
Se rapprocher : ce qui demande de quitter le fond de la vallée
Le rôle d’Interlaken est de vous transmettre à ce qui l’entoure, et les vrais points forts de la région se trouvent bien en dehors de la ville :
- Le Jungfraujoch (3 454 m) — la gare ferroviaire la plus haute d’Europe, accessible via Lauterbrunnen et Kleine Scheidegg, ou via Grindelwald et l’Eiger Express. Une excursion qui occupe la journée entière, la sortie phare de la région, à un prix à la hauteur — consultez le guide du Jungfraujoch avant de vous engager.
- Le Schilthorn (2 970 m) — le restaurant tournant de Piz Gloria, accessible via Mürren, un village sans voitures.
- Le Harder Kulm (1 322 m) — le point de vue le plus proche de la ville, et le seul qu’on puisse raisonnablement faire en demi-journée.
- Le lac de Thoune et le lac de Brienz — tous deux desservis par des bateaux réguliers depuis Interlaken West et Ost respectivement ; voir le guide de la croisière des deux lacs pour les combiner.
Rien de tout cela ne s’improvise bien sans vérifier la saison au préalable : les remontées de l’Oberland bernois ferment pour maintenance au printemps et en automne, et plusieurs ferment aussi les jours de grand vent, quelle que soit la saison — vérifiez le statut du jour avant de bâtir une journée entière autour d’un seul sommet.
Où se loger : Interlaken, Unterseen ou Matten
Les trois options sont assez proches pour que le choix relève davantage de l’ambiance et du prix que de la commodité.
| Base | Caractère | Compromis |
|---|---|---|
| Interlaken (centre) | Le plus d’hôtels, les deux gares, boutiques et restaurants du Höheweg | La plus animée, la plus chère à qualité de chambre égale |
| Unterseen | Plus calme, centre plus ancien, en bord de rivière | 10 à 15 minutes de marche jusqu’à l’une ou l’autre gare |
| Matten | Résidentiel, plus proche de Wilderswil et de l’approche est du Harder Kulm | Moins de restaurants à distance de marche |
Pour une seule nuit avant ou après une excursion en montagne, loger près d’Interlaken Ost simplifie le plus de choses. Pour un séjour plus long, Unterseen vaut la marche supplémentaire pour une base plus calme, à un prix similaire ou légèrement inférieur.
Informations pratiques
La monnaie est le franc suisse (CHF) ; les cartes sont largement acceptées, mais les petits cafés et les étals de marché préfèrent parfois les espèces. La Suisse fait partie de l’espace Schengen mais pas de l’Union européenne, donc les nationalités dispensées de visa doivent tout de même vérifier les exigences ETIAS avant de voyager. Les prises sont de type J, en 230 V. L’eau du robinet est sûre et de bonne qualité, au point que l’eau en bouteille est rarement nécessaire. Le service est compris dans les prix des restaurants ; arrondir la note est courant, un pourboire important n’est pas attendu. En cas d’urgence, composez le 112 ; pour le secours en montagne spécifiquement, la REGA opère sur le 1414.
Se déplacer sur le Bödeli lui-même demande rarement autre chose que ses propres jambes — la plupart des hôtels, les deux gares et la Höhematte se trouvent à 20-25 minutes de marche les uns des autres. Pour tout ce qui dépasse la ville, le Swiss Travel Pass ou le Jungfrau Travel Pass régional méritent d’être comparés à vos excursions prévues avant d’acheter des billets à l’unité.
Aller plus loin depuis la ville
Quelques excursions partent directement d’Interlaken et utilisent la ville elle-même comme point de départ plutôt que comme simple gare de passage. Un circuit en vélo électrique longeant les deux rives et les ruines au-dessus d’Unterseen permet de voir davantage du Bödeli que ce que le Höheweg laisse entrevoir en quelques heures.
Côté nautique, une croisière sur le lac de Thoune combinée aux grottes de Saint-Beatus couvre un terrain difficile à relier en transports en commun sur une seule après-midi. Et pour quelque chose de plus convivial après une journée de visites, une descente en rafting sur la Lütschine suivie d’une raclette associe une activité sportive au genre de repas qui se partage mieux qu’il ne se mange seul.
Questions fréquentes sur la ville d’Interlaken
La ville d’Interlaken vaut-elle une visite en soi, ou n’est-elle qu’une base ?
C’est surtout une base. La Höhematte, le Höheweg et une balade le long de l’Aar prennent quelques heures. La plupart des voyageurs passent une nuit en ville et plusieurs jours à s’en servir de tremplin vers le Jungfraujoch, le Schilthorn, Grindelwald et les lacs.
Quelle gare utiliser, Interlaken Ost ou Interlaken West ?
Interlaken Ost dessert tout ce qui va vers la région de la Jungfrau (Lauterbrunnen, Grindelwald, Wengen), les bateaux du lac de Brienz et la ligne vers Lucerne via le Brünig. Interlaken West est plus proche du centre-ville et du Höheweg, et c’est de là que partent les bateaux du lac de Thoune. Se tromper de gare peut coûter 15 à 20 minutes de marche ou de tram pour rectifier le tir.
Peut-on vraiment voir l’Eiger, le Mönch et la Jungfrau depuis Interlaken ?
On voit la Jungfrau et, sous certains angles, le Mönch, depuis la Höhematte et le Höheweg par temps clair — mais la face nord de l’Eiger reste cachée derrière le Harder et d’autres crêtes jusqu’à ce qu’on s’enfonce davantage dans la vallée vers Grindelwald ou Lauterbrunnen.
La Höhematte est-elle gratuite ?
Oui. C’est une prairie publique protégée, sans droit d’entrée, utilisée pour la promenade, les pique-niques et comme zone d’atterrissage des parapentistes venant de Beatenberg et du secteur de la Schynige Platte.
Combien de jours faut-il pour la ville d’Interlaken elle-même ?
Une journée suffit pour la Höhematte, le Höheweg, le secteur du Kursaal et les quais de l’Aar à pied. Prévoyez plus de temps seulement si vous ajoutez un vol en parapente ou une croisière sur un lac depuis Interlaken West ou Ost pendant le même séjour.
Interlaken est-elle chère ?
Oui, selon la plupart des standards — on est en Suisse. Un repas simple au restaurant coûte CHF 25–35, un café CHF 4–5, et une chambre double dans un hôtel de milieu de gamme CHF 150–250 la nuit en été. Les excursions en montagne depuis Interlaken (l’aller-retour au Jungfraujoch, par exemple) peuvent dépasser CHF 200 par personne.
Faut-il loger à Interlaken, Unterseen ou Matten ?
Les trois se trouvent à moins de 20 minutes de marche les uns des autres sur le Bödeli. Interlaken concentre le plus d’hôtels et les deux gares ; Unterseen, de l’autre côté de l’Aar, est plus calme et légèrement moins chère, avec un centre plus ancien ; Matten, vers Wilderswil, est plus proche de la base du funiculaire du Harder Kulm, de l’autre côté.
Interlaken est-elle sûre et facile à parcourir à pied ?
C’est une petite ville suisse plate, où la délinquance est très faible. Le centre entre les deux gares se parcourt entièrement à pied en 20 à 25 minutes, et l’éclairage comme la signalisation restent bons après la tombée de la nuit.


